10 - Le plagiat cartographique

Pratique courante chez certains cartographes
L'élaboration de cartes étant un travail complexe, long et méticuleux il n'est pas étonnant que bon nombre de cartographes furent tentés de copier les travaux d'autres afin d'en tirer profit.
Au XVIIe siècle il était normal d'utiliser le travail des autres car ce n'était pas perçu comme du vol. Certains cartographes se copiaient entre eux sans réellement ajouter de nouvelles informations et sans vérifier l’exactitude des documents recopiés. Ils reproduisaient des erreurs et les aggravaient parfois par l'ajout de données fantaisistes.
Une autre pratique de l'époque consistait à publier de vieilles cartes en les rajeunissant par une nouvelle date, ce qui engendrait la réapparition de cartes désuètes, des années après des versions plus élaborées.

Emergence du droit d’auteur
Au XVIIIe siècle, est reconnu le principe d’une cartographie d’auteur. L’Académie des sciences de Paris devient en Europe l’organisme de référence pouvant trancher en matière de nouveauté. Quelques procès pour plagiat en témoignent. Vers 1706 les cartographes français Delisle et Nollin s'opposent, le premier accusant l'autre, auteur d’une mappemonde, d’avoir copié son planisphère. A l'issue d'un procès de près de 5 ans, les cartes de Nollin furent saisies et mises au pilon. Si ces pratiques de plagiat se poursuivent un peu, bon nombre de cartographes commencent à rappeler le nom de l'auteur original (d'après le croquis de M…., réalisée selon les travaux de M……..).

Certaines des cartes que nous présentons reflètent ces pratiques et il n'est pas rare d'y rencontrer plusieurs représentations identiques de la Martinique à des années d'intervalles, ou d'observer la réapparition de vieilles cartes près d'une cinquantaine d'années après leur création.