5 - Les techniques de gravure des cartes anciennes

Jusqu’à la découverte de l’imprimerie (vers 1440) les cartes étaient reproduites à la main. Dès lors, les cartographes traitèrent directement avec les imprimeurs permettant une reproduction plus fidèle de l’original et de meilleures possibilités commerciales. Deux grands procédés se sont succédés.

La gravure sur bois
Cette technique dite «en relief» fut la principale jusqu’au milieu XVIe. La carte tracée sur un bloc de bois puis évidée par le graveur à l’aide d’outils tranchants (canifs, gouges) apparaît en relief pour que l’encre s’y dépose. Une feuille de papier pressée contre les surfaces encrées permet d’imprimer. On distingue la gravure dans le sens des fibres «bois de fil» de celle travaillée dans le sens contraire «bois de bout». Les blocs de bois étant fragiles et difficiles à modifier, cette technique fut concurrencée par la gravure sur cuivre.

La gravure sur cuivre
La technique dite en «taille-douce» offrant une grande finesse du tracé consistait à creuser de fins sillons sur une plaque de cuivre encrée puis pressée sur un papier humidifié. Des procédés mécaniques (burin) et chimiques (eau-forte) furent utilisés. Pour le burin on creusait directement dans la plaque tandis que l’eau-forte permettait de dessiner sur un vernis recouvrant le cuivre. Après immersion dans de l’acide les parties dessinées se creusaient. Toutes ses techniques appelant des spécialités diverses, on retrouve souvent au bas des cartes les noms et rôles des différents intervenants. Pour exemple «auctore, delineavit, descripsit, ou invenit» pour le cartographe, «caelavit, fecit, incidit, sculpsit, ou sc.» pour le graveur, «excudit, ou excud.» pour l’imprimeur ou l’éditeur.