Le carnaval martiniquais

De Saint-Pierre à Fort-De-France, le carnaval en images (XXe siècle)

 


Vidés, mascarades et autres défilés au cours desquels des petits groupes spontanés côtoient des personnages traditionnels et des groupes organisés, au rythme de sons et de déhanchements endiablés : c’est le carnaval que l’on connaît aujourd’hui. Cette grande fête païenne  qui précède le carême débute en Martinique dès janvier, après la fête des rois, avec la sortie de carnavaliers tous les dimanches, jusqu'à son apogée durant quatre jours, du dimanche gras au mercredi des cendres. A chaque jour gras est attaché un thème, aux couleurs et costumes codifiés.
 
Le carnaval s’est adapté à son époque, évoluant dans ses formes au gré des mutations de la société. Il a hérité de mises en scène, de costumes et de personnages traditionnels, de musiques et de chansons devenus des classiques. Une grande partie de sa forme actuelle prend racine à Saint-Pierre. De nombreux témoignages de voyageurs en relatent la singularité. Le carnaval de Saint-Pierre s’est construit avec les apports des différentes composantes de sa population, en particulier celle venue d’Afrique, inventant des masques, des rythmes qui lui sont propres. Il s’est éteint avec l’éruption de la montagne Pelée en 1902 pour renaître quelques années plus tard à Fort-De-France.
 
Moment de liesse populaire, où dominent la satire et la parodie, le carnaval est resté constant dans sa fonction exutoire où l’on peut transcender les règles, mettre en scène l’inversion, la subversion des valeurs dans un espace-temps défini.
 
Cette sélection de photographies issues des collections des Archives de Martinique, prises tout au long du XXe siècle, montrent les adaptations à la modernité de cette grande fête païenne.
 

 

En illustration :

 

1. Deux enfants déguisés défilant à cheval dans les rue de Fort-De-France, 1905. Archives de Martinique, 21Fi6/39

 

 

2. Petit groupe de personnes déguisées en costumes européens inspirés de la Commedia dell’arte, Fort-De-France, 1904. Archives de Martinique, 21Fi6/36

 

3.4. Vidés à Fort-De-France de carnavaliers masqués, certains portent des costumes confectionnés avec des vieux vêtements et des feuillages dont celui d’un personnage tout en feuilles de cocotiers nattés, 1904. Archives de Martinique, 21Fi6/38 et 21Fi6/35

 

5.6.7 Joyeuses bandes défilant et jouant de l’accordéon, du triangle et du tambourin, Fort-De-France, 1904. Archives de Martinique, 21Fi6/34, 21Fi6/40 et 21Fi6/44

 

8. La traditionnelle "Caroline zié loli", personnage composé d’une femme louchant assortie de son mari ivre imbriqué sur son dos, suscitant l’hilarité, 1921. Photographe Alice Albane. Archives de Martinique, 9Fi302

 

9. Le mariage burlesque : en général composé d’un cortège caricaturant les normes sociales et religieuses et l’inversion des représentations sexuées, cette parodie est traditionnellement mise en scène le lundi gras, 1970. Photographe Arlette Rosa-Lameynardie. Coll. Musée d’archéologie et de préhistoire, 2012.0.1.002.020

 

10. Groupe d’hommes défilant avec des pancartes humoristiques accrochées au cou, 1992. Photographe Max Bourgade. Archives de Martinique, 9Fi383

 

11. Les chars à bestiaux ont fait place aux chars motorisés au cours de la seconde moitié du XXe siècle, Saint-Pierre, 1961. Photographe Victor Sainte-Luce. Archives de Martinique, 35Fi45 

 

12. 13. Mise en dérision des moyens de transports modernes, de l’homme acrobate sur son vélo et d’un groupe de personnes travesties circulant à bord d’un bradjak, 1970, 1992. Photographe Arlette  Rosa-Lameynardie. Coll. Musée d’archéologie et de préhistoire, 2012.0.1.097.017. Photographe Max Bourgade. Archives de Martinique, 9Fi380

 

14. Le diable rouge, figure emblématique du mardi gras, 1921. Photographe Alice Albane. Archives de Martinique, 9Fi293

 

15. « Abi abi abi kay manman, mi djab-la dèró », ce sont les diablotins du mardi gras qui scandent ce refrain traditionnel,  1970-1980. Coll. Félix Rose-Rosette, Archives de Martinique, 12Fi34

 

16.17 Mercredi des cendres, les jours gras touchent à leurs fins. Les diablesses et pleureuses accompagnent le roi vaval ou le bwabwa à son incinération. Le noir et le blanc dominent ainsi que les couleurs dédiées au deuil, 1970-1980. Coll. Félix Rose-Rosette, Archives de Martinique, 12Fi32. Photographe Arlette Rosa-Lameynardie, Coll. Musée d’archéologie et de préhistoire, 2012.0.1.097.021

 

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