3 - Le tournant de 1848 : libres et citoyens

L’abolition définitive de l’esclavage décrétée par le gouvernement de la Deuxième République et portée par l’insurrection du 22 mai à la Martinique, fait entrer de plain-pied les esclaves dans la citoyenneté.
Appelés à voter pour leurs représentants à l’Assemblée nationale grâce à l’instauration du suffrage universel masculin, les nouveaux citoyens ne jouissent que peu de temps de leurs droits politiques, supprimés par le régime autoritaire du Second Empire.

Colonie dans la République
Même après le rétablissement de la République en 1870 et du suffrage universel, les conditions de la citoyenneté aux Antilles sont biaisées :
          - Les colonies placées sous l’autorité du gouverneur, sont maintenues dans un régime d’exception : les lois votées par leurs représentants ne s’y appliquent que partiellement.
          - La difficulté de l’accès à l’instruction, à la terre empêche la majorité de la population d’exercer pleinement sa citoyenneté. Des hommes politiques tels que Lagrosillière soulignent ces enjeux.

Le saviez-vous ?
Le 2 août 1849, la loi accorde aux nouveaux affranchis le droit de vote. Ils voteront pour désigner leurs représentants à l’Assemblée nationale dès le lendemain de l’abolition de l’esclavage. En Martinique, Cyrille Bissette recueille 95 % des suffrages, Augustin Pécoul 77 %.