3 - Un jardin au service de la colonie

Conçu à la fois comme un jardin d’essai, d’acclimatation et un lieu de promenade où se développe et s’expose la riche production des îles, la « crise du sucre » de 1838 associée à l’émancipation des esclaves dix ans plus tard porte un coup sévère à la prospérité du jardin : l’administration locale est alors contrainte d’envisager de réelles adaptations vers une agriculture à la fois diversifiée et innovante centrée sur la réintroduction des cultures secondaires (café, tabac, indigo, quinquina). Après la restauration entreprise par son charismatique directeur Charles Bellanger (1853-1881) et jusqu’à sa disparition en 1902, le jardin retrouve son rayonnement d’antan : les échanges sont relancés, les essais et réintroductions de plantes et de graines dans la colonie sont réactivés, une exposition permanente installée en 1856 est ouverte au public deux jours par semaine pour le plaisir des yeux, l’exotisme des produits de la Martinique s’exhibe au-delà de la colonie au cours des expositions universelles et nationales.