4 - Laval et Gauguin : le grand départ vers Panama

« Je m’en vais à Panama pour vivre en sauvage. Je connais une petite île de Tabogas dans le Pacifique ; elle est presqu’inhabitée libre et très fertile. J’emporte mes couleurs et mes pinceaux et je me retremperai loin de tous les hommes. »

L’appel de la vie sauvage
Plusieurs raisons poussent Gauguin à quitter la France pour s’embarquer à destination du Panama le 10 avril 1887. Il est seul à Paris – sa femme Mette est retournée vivre au Danemark avec les enfants – et se trouve isolé artistiquement depuis sa rupture avec les impressionnistes. Aussi, lorsque son beau-frère lui propose de s’associer à un projet d’ouverture d’une maison de commission et de banque à Panama, Gauguin accepte : la perspective de trouver un pays en pleine effervescence en raison du percement du canal réussit à le convaincre de quitter la France pour échapper à la solitude et à la misère.

Désillusions
A ses yeux, Panama constitue la préfiguration de ce que sera son « atelier des tropiques ». Le peintre Charles Laval (1862-1894), son cadet de près de quinze ans, l’accompagne. A son arrivée à Colon, Gauguin trouve une place de préposé aux écritures à la Société de construction du canal. Le pays le déçoit, ce n’est pas la terre sauvage qu’il espérait, Colon est une ville insalubre, peuplée d’immigrants venus de la terre entière, caricature de la modernité qu’il fuit. Il n’a plus qu’un objectif : gagner suffisamment d’argent pour s’installer à la Martinique, où il a fait escale à l’aller. Laval a contracté la malaria et la dysenterie. Ils partent pour la Martinique au début de juin 1887. Gauguin n’a réalisé aucune œuvre durant son bref séjour.