Histoire d’un déporté martiniquais : Georges Martinis (25 avril 1918 - 25 mars 2013)

Entretien mené par François Cartigny, le 2 mars 2006.

 

- La déportation et la première évasion

 

Archives départementales de la Martinique, 9AV3_4-6 (Durée 03 :16 minutes).

 

- L’engagement dans la résistance

 

Archives départementales de la Martinique, 9AV3_4-8 (Durée : 02 :31 minutes).

 

- La condamnation à mort

 

Archives départementales de la Martinique, 9AV3_4-10 (Durée : 01 :16 minutes).

 

Contexte et présentation des documents

Dans le cadre de la mission de collecte de la mémoire orale menée par les Archives départementales de la Martinique, François Cartigny, président du Comité pour un Mémorial martiniquais  de la Résistance, de la déportation et de l’internement, conduit un entretien avec Georges Martinis. De passage en Martinique en mars 2006, Georges Martinis nous livre ses souvenirs de la Seconde Guerre mondiale. Il est alors le dernier Martiniquais survivant des camps de concentration allemands.

 

Trois extraits de son entretien illustrent le parcours d’un jeune homme engagé dans l’armée lors de la déclaration de guerre de 1939, qui sera déporté.

 

1/ La déportation et la première évasion 

Après l’obtention de son baccalauréat au Lycée Schœlcher en 1938, Georges Martinis part s’inscrire à la faculté de médecine de Marseille. Dès septembre 1939, il incorpore les corps francs.

Le 13 mai 1940, il prend part avec son groupement anti-chars aux combats qui se déroulent dans les Ardennes et son action lui vaut l’obtention de la Croix de guerre avec étoile d'argent.
Le 17 juin, à Somme-Suippe (Marne), il est blessé et fait prisonnier de Guerre. Il est soigné puis dirigé sur le camp de prisonniers de Sagan.

A la faveur d'un Kommando de travail pour chemins de fer, il parvient à s'évader le 23 décembre 1940.

 

2/ L’engagement dans la résistance   

Rattrapé, Georges Martinis se retrouve au camp de concentration de Sandbostel, où sévissait le typhus. Contaminé, il est rapatrié à Paris comme prisonnier de guerre libéré.

Pendant sa convalescence, il  travaille à la Maison du prisonnier et c’est à ce moment qu’il est approché par  le réseau  "Arc en ciel", un mouvement de Résistance dirigé par le capitaine Louis Martin.  Au début de l’année 1943, il est arrêté par la Gestapo.

 

3/ La condamnation à mort 

Après son arrestation, Georges Martinis est incarcéré à  Fresnes. Le 2 février 1944, il passe en jugement et est condamné à mort  pour  « port d'arme prohibée et intelligence avec l'ennemi ».

 

Commentaire et intérêt historique

Georges Martinis rappelle que les Martiniquais partis pendant la Seconde Guerre mondiale n’ont pas échappé à l’horreur des camps. Il témoigne également des agissements de la Gestapo qui torture tant physiquement que moralement les prisonniers.

Le Ministère des Anciens Combattants estime que 115 500 personnes sont mortes en déportation et parmi ces derniers il y avait des Martiniquais. Sur la liste (non close) établie par François Cartigny sur laquelle figure le nom de 14 martiniquais déportés, Résistants et politiques morts pour la France,  8 d’entre eux sont « morts en déportation ».

Cinq autres Martiniquais déportés résistants ou politiques ont été libérés des camps mais seuls Henri Facelina et Georges Martinis ont pu s’évader.