A la découverte du Jardin des Plantes de Saint-Pierre.

- Saint-Pierre, Martinique. Entrée de l'ancien Jardin botanique.

Archives départementales de la Martinique, 2Fi 769.

 

- Jardin botanique de Saint-Pierre, 1898, cliché Fabre.

Archives départementales de la Martinique, 9Fi 296.

 

- Lac du Jardin botanique de Saint-Pierre, 1898, cliché Fabre.

Archives départementales de la Martinique, 9Fi 297.

 

- Nouveau Jardin des plantes à Saint-Pierre de la Martinique.

Archives départementales de la Martinique, 15Fi 2.

 

- Cascade du Jardin botanique de Saint-Pierre à la Martinique, dessin A. de Bar.

Archives départementales de la Martinique, 15Fi 11.

 

- Palmeraie du Jardin botanique de Saint-Pierre, 1892.

Archives départementales de la Martinique, 21 Fi 1/125.

 

-  Allée du Jardin botanique de Saint-Pierre, 1892.

Archives départementales de la Martinique, 21 Fi 1/126.

 

-  Cascade du Jardin botanique de Saint-Pierre, [1900], cliché Cunge.

Archives départementales de la Martinique, 21 Fi 2/15.

 

Reproduction soumise à autorisation.

 

Construit en 1803 sur l’ancienne propriété des religieuses Ursulines, entre la route du Morne-Rouge et le Morne Parnasse, le Jardin des Plantes de Saint-Pierre a pendant près d’un siècle, fait partie intégrante du cadre de vie des Martiniquais. Ce vaste domaine naturel, façonné par la main de l’homme est devenu au fil du temps un site patrimonial à part entière, véritable conservatoire des richesses végétales originaires des quatre coins du monde.

 

La création du Jardin des Plantes intervient au lendemain de la paix d’Amiens qui signe le retour de la Martinique dans le giron de la France en 1802. En érigeant un tel « monument » destiné à l’embellissement de la colonie, le préfet colonial Bertin et l’amiral Villaret-Joyeuse souhaitent manifester la reconnaissance des colons de la Martinique à la France.

 

Conçu à la fois comme un jardin d’essai, d’acclimatation et un lieu de promenade où se développe et s’expose la riche production des îles, la « crise du sucre » de 1838 associée à l’émancipation des esclaves dix ans plus tard porte un coup sévère à la prospérité du jardin. Après la restauration entreprise par son charismatique directeur Charles Bellanger en 1853, le jardin retrouve son rayonnement d’antan. En 1856, on répertorie 1850 espèces.

 

C’est en 1886 que le jardin acquière sa dimension définitive, s’étendant alors sur six hectares. Dans cet espace apprivoisé, s’harmonisent des bassins, un château d’eau, des canaux pour l’irrigation, un vivier, des lacs et des îlots artificiels. Des allées ombragées invitent à la promenade, et parmi elles, la célèbre allée des duels bordée de gigantesques palmiers où les pierrotins impétueux viennent y régler leurs litiges. La renommée du jardin attire des visiteurs illustres parmi lesquels le prince Alfred d’Angleterre qui s’émerveille lors d’une escale en Martinique en 1861.

 

Si l’éruption de la montagne Pelée le 8 mai 1902, sonne le glas de ce bel édifice, l’œuvre accomplie pendant près d’un siècle se poursuit au sein des nouveaux jardins d’essai installés à Fort-de-France : celui de Tivoli dès 1902, pour relancer l’agriculture auprès des réfugiés de Saint-Pierre, et celui de Desclieux en 1918 où la multiplication des espèces végétales et l’expérimentation de nouvelles méthodes de cultures se poursuivent. Il faut attendre 1940 pour voir se créer en Martinique, au jardin d’essai de Tivoli, un enseignement agricole pérenne.