Portrait d’un héros martiniquais.

Etat signalétique d’André ALIKER.

 

Archives départementales de la Martinique,

1R 92 (état signalétique n°1116).

 

Reproduction soumise à autorisation.

 

Présentation et contexte historique

André ALIKER est une des grandes figures de l’histoire de la Martinique. Mort assassiné en 1934 (son corps ligoté est retrouvé le 12 janvier, sur la plage de Fond Bourlet à Case-Pilote), il est aujourd’hui encore, pour beaucoup de Martiniquais, la figure emblématique de la lutte pour la liberté de la presse et de l’engagement sans concession contre la corruption.

Moins nombreux sont ceux qui connaissent son parcours exceptionnel pendant la Première guerre mondiale. Sa fiche signalétique nous apporte sur ce point des informations très précieuses :

«Exempté en 1914 et ajourné par le Conseil de révision de la Martinique le 17 mai 1915. Incorporé à la Compagnie de Martinique comme engagé volontaire le 17 août 1915. Embarqué pour la France sur le « Micegarie » le 21 août 1915 (…). Rapatrié sur le paquebot « Puerto-Rico » le 13 juillet 1919. Placé en position de congé illimité à compter du 14 septembre 1919 … ».

« Modèle parfait de dévouement et de courage. Toujours volontaire pour les missions les plus périlleuses au cours desquelles il entraîne ses hommes par son allant et au mépris du danger. A participé à trois coups de main les 29 juin, 4 juillet et 9 août 1918 en Lorraine et à trois reconnaissances les 18, 19, 20 octobre 1918 en avant de Chéry-lès-Pouilly. Croix de guerre … »

 

Commentaire historique

La détermination et le courage d’André Aliker, soulignés dans son état signalétique, sont aussi ceux de milliers de jeunes Martiniquais incorporés ou engagés volontaires pour être envoyés sur les différents fronts pendant la Première guerre mondiale.

 

Intérêt

Ce document met en lumière la trajectoire d’un jeune martiniquais, André Aliker, porté dès son jeune âge par des valeurs fortes (courage, détermination, don de soi, sens de l’intérêt général, sens du sacrifice …). Il permet aussi de mieux comprendre les ressorts de son engagement dans le combat qu’il a mené plus tard, en tant que gérant du journal Justice, contre Eugène Aubéry dans la Martinique des années trente.

Il attire également l’attention sur une source archivistique insuffisamment exploitée. En effet, les registres matricules militaires peuvent nourrir des recherches historiques très intéressantes sur les profils de soldats, leurs parcours militaires, les conditions de retour à la vie civile …. Autant de pages de l’histoire martiniquaise qui restent encore à écrire ou approfondir.

 

Orientation bibliographique

Armand, Nicolas. Le combat d’André Aliker,    Fort-de-France, 1974. Suppl. Action n°19/dir.de publ. René Menil.

Dumont Jacques. L’amère patrie. – Paris : Fayard, 2010. 1 vol. (351p.).

Mauvois Georges E. Château Aubéry. – Millau : K éditions, 2008. 1 vol. (150p.).