Etat signalétique et des services de Faustin Clodomir PROMAX.

Archives départementales de la Martinique, 1R99.

 

Reproduction soumise à autorisation.

 

Présentation et contexte historique

Cet extrait du registre 1R99, présente l’état signalétique et des services du soldat Faustin Clodomir Promax, né le 27 avril 1896 au Vauclin.

Engagé volontaire pour 3 ans, en février 1915. Le 27 avril 1915, il embarque pour la France sur le paquebot Pérou. Il sert au sein de différents régiments pendant la Grande guerre, en assurant notamment des foncions d’intendance et de logistique. Il sera rapatrié le 23 mai 1919 et placé en congé illimité. Réengagé pour 5 ans en 1920,  il servira notamment en Afrique et en Syrie. Il obtient plusieurs décorations, dont la médaille interalliée dite de la Victoire et la médaille militaire.

Fait relativement rare, cet état signalétique présente l’intérêt d’être muni d’une photographie.

Organisés par classe d’hommes âgés de 20 ans, les premiers registres matricules sont ouverts en 1889 en Martinique, avec la loi du 15 juillet 1889 qui instaure le service militaire obligatoire dans les colonies, aux mêmes conditions que dans la métropole. Mais cette loi rencontre des difficultés d’application, de  même que celle 21 mars 1905, qui crée un véritable service universel obligatoire et égal pour tous, avec suppression du tirage au sort.

Dans le contexte de tension internationale qui prélude à l’éclatement de la Première guerre mondiale, une nouvelle loi du 7 août 1913, applique le recrutement systématique des contingents coloniaux. Cette décision fait suite aux vœux de la population, exprimés par leurs représentants au Parlement, de payer « l’impôt du sang » comme les citoyens métropolitains. Les conscrits rejoignent la Métropole pour effectuer leur service militaire.

Puis, le décret du 23 novembre 1913 rend applicable aux colonies tous les textes relatifs à l’organisation militaire et promulgués en France, depuis 1905.

 

Commentaire historique

Les effets de la déclaration de guerre d’août 1914 ne se font sentir pour les conscrits qu’à partir de 1915 : l’appel sous les drapeaux est généralisé et   tous les hommes valides des classes  1890 à 1917 sont convoqués. Très peu entraînés militairement, ils subissent un entraînement intensif. 

Puis les départs s’accélèrent. À leur arrivée en France, les soldats sont répartis dans les dépôts d’Infanterie coloniale.

Les Martiniquais prendront part à toutes les batailles, notamment celles de la Marne, de Verdun et surtout des Dardanelles, mais tous ne vont pas au front, comme Faustin Promax.

D’après les travaux historiques de S. Andrivon-Milton, près de 10 000 hommes seraient partis au front et environ 2 000 y seraient morts ou portés disparus.

 

Intérêt

Les états signalétiques et des services ou fiches matricules contiennent des données très précises sur les inscrits : état civil, filiation, description physique, adresse, niveau d’instruction, état de santé, parcours militaire (affectations, grades, unités, participation aux campagnes, blessures, mesures disciplinaires et condamnations judiciaires, décorations).

Principale source pour la reconstitution de carrières militaires, les états signalétiques sont aussi fort utiles pour la généalogie familiale, la démographie historique. Les données médicales qui y figurent peuvent aussi aider à la compréhension de maladies présentes dans les familles.