14 - Ses amis

Docteur de Thoré

Docteur de Thoré compte parmi les amis proches de Solange. D’abord médecin de la famille, elle fait sa connaissance au moment de passer son baccalauréat. Leur goût commun pour la musique classique, mais aussi pour la chose politique, les rapproche : lui un militant socialiste, elle une fervente communiste.

Durant la période des évènements de l’OJAM, le Dr de Thoré apporte son aide aux organisations de défense : il allait voir les emprisonnés à Fresnes, faisait signer des souscriptions qui devaient leur permettre de meilleures conditions de séjour à Paris.

 

Gerty Archimède

Gerty Clet Marie Bernadette Archimède est née le 26 avril 1909 à Morne à l’Eau, en Guadeloupe.

Dans son enfance, elle parcourt les campagnes avec son père, prenant insensiblement conscience des difficultés des paysans et travailleurs agricoles, enregistrant les problèmes de la vie sociale qui touchaient sa sensibilité la préparant au grand rôle politique qu’elle jouera pour son pays.

Gerty a une scolarité exemplaire.

Première femme avocate de la Guadeloupe à plaider en appel en Cour d’Assises, sa carrière fut des plus brillantes.

Première femme députée de la Guadeloupe, la situation des femmes  guadeloupéennes a toujours été sa préoccupation première, ce qui l’a conduite tout naturellement à fonder en 1948 une organisation féministe, la Fédération Française des Femmes Guadeloupéennes, qui devait se  transformer en Union des Femmes Guadeloupéennes en 1958 avec un réseau de comités de communes comme l’U.F.M. fondée en Martinique par Jane Léro depuis 1944.

Elle vint au secours de la révolutionnaire Angéla Davis, lors d’une escale de cette dernière en Guadeloupe. Angéla Davis lui voua une grande reconnaissance et raconte l’évènement dans son roman autobiographique (« Angéla Davis : autobiographie ». Albin Michel).

Gerty Archimède décède le 15 août 1980.

 

Odette Fitte-Duval

Odette Fitte-Duval fut membre de la section du Saint-Esprit, créa en 1947 un comité de l’Union des Femmes, la bibliothèque de l’Union des Femmes du Saint-Esprit, le journal « La Spiritaine » avec d’autres militantes, et elle joua un rôle important dans la reconstitution de l’Union des femmes de la Martinique au congrès de 1973.

 

Extrait de : « Actes littéraires des fêtes de la poésie : Hommages à Gilbert Gratiant – Aimé Césaire – Yva Léro – Georges Fitte-Duval » Texte de Renaud Gratiant. [Fort-de-France] : Les Griots de la Martinique avec l’O.M.C.S.L.  et la M.C.L., [1993]

 

Léonie Crater-Nattes

Léonie Crater-Nattes est née le 1er août 1941 au François d’une famille très modeste. Léonie désirait travailler pour aider ses parents. Ainsi en 1959, elle travailla chez Madame Fitte-Duval, la maman de Solange et de Georges. Solange l’incita à suivre les cours du soir où elle obtint un diplôme de comptabilité. En 1965, Léonie est recrutée comme agent temporaire à la Mairie ou elle travaille pour la perception avant d’être titularisée comme agent de l’Etat civil, poste qu’elle occupera jusqu’à sa retraite.

Militante politique, elle fut de tous les combats du parti communiste martiniquais qui représentait pour elle le parti qui se souciait le plus des petites gens, elle était aussi militante des œuvres laïques et animait les centres de vacances et les différents foyers sociaux culturels du Saint-Esprit : arbre de Noël, fête des enfants, création du centre culturel de Baldara, membre des Griots de la Martinique.

Elle fut présidente de l’Union des femmes du Saint-Esprit après la mort d’Odette Fitte-Duval qu’elle avait secondé pendant des années en particulier quand l’Union des Femmes de la Martinique fut en sommeil et qu’il n’y avait plus de publication.

Elle créa avec Odette et Solange « La Spiritaine » dont elle fut responsable.

On lui doit aussi la bibliothèque « Odette Fitte-Duval », dont elle assura avec sa fille le développement et l’activité jusqu’à sa retraite. Bibliothèque malheureusement fermée à ce jour.

Elle représenta l’U.F.M. en 1975 au congrès de la Fédération internationale des Femmes à Berlin, puis plus tard à Moscou.

 

Extrait de : « Léonie CRATER-NATTES : an fanm souch » de Yvette EBION

 

Jane Appollinaire LERO (1916-1961)

Fondatrice de l’Union des femmes de la Martinique

Jane Léro est née le 8 février 1916, en plein milieu de la première guerre mondiale, dans une famille de petits  commerçants lamentinois. Elle est la cinquième d’une famille de huit enfants.

A l’âge de 10 ans, en 1926, elle est mise en pension à Fort-de-France pour rejoindre le pensionnat colonial de jeunes filles.

En 1938, élève de terminales au Lycée Schoelcher, elle décroche le prix d’honneur en maths et en sciences, mais ses parents ne peuvent lui payer des études supérieures en France, contrairement à ses deux frères aînés.

 

Extrait  de : « Union des femmes de la Martinique : Mémoires : Jane Léro », [2000]. Texte de Gilbert Pago, historien.