7 - Une existence sans cesse compromise

Tout au long de son existence, le Jardin des Plantes doit faire face à de multiples difficultés. La question du coût de son entretien reste une préoccupation constante : dès sa création, il représente une charge lourde pour le budget de la colonie, et il n’est sauvé de la vente en 1827 que grâce au combat de son directeur, le pharmacien Artaud. De ce fait, son utilité est sans cesse interrogée, son mode de gestion reconsidéré, quand les exigences d’une production économique rentable pour la colonie doivent s’accommoder avec les ambitions moins lucratives d’un jardin paysager voulu aussi comme un lieu de promenade ouvert au public.

 

L’insuffisance d’une main d’œuvre peu formée à la botanique et à l’horticulture, les actes de vandalisme, les dévastations liées aux champignons et insectes prédateurs, aux aléas climatiques ou encore aux négligences de l’administration, nécessitent des efforts permanents dans un environnement où les serpents pullulent, pour maintenir en état les pépinières, les allées d’arbres, les champs de culture et d’expérience, les bassins, les bâtiments dédiés aux activités du jardin. Si l’éruption de la montagne Pelée sonne le glas de ce bel édifice, l’œuvre accomplie pendant près d’un siècle se poursuit au sein des nouveaux jardins d’essai installés à Fort-de-France : celui de Tivoli dès 1902, pour relancer l’agriculture auprès des réfugiés de Saint-Pierre, et celui de Desclieux en 1918 où la multiplication des espèces végétales et l’expérimentation de nouvelles méthodes de cultures se poursuivent. Il faut attendre 1940 pour voir se créer en Martinique, au jardin d’essai de Tivoli, un enseignement agricole pérenne.