5 - 1914-1918 : l'impôt du sang

"La distance nous prive de l’honneur d’être au premier rang des défenseurs de la patrie." Victor Sévère (1867-1957).

 

La Première Guerre mondiale marque un nouveau tournant dans la représentation de la citoyenneté. La participation active à l’effort de guerre devient un enjeu pour l’exercice d’une citoyenneté à part entière, réclamée de longue date par les hommes de couleur républicains qui prônent l’assimilation. Payer « l’impôt du sang » devrait matérialiser cette intégration, être un bon « fils » de la « mère-patrie » devrait ouvrir la voie : pour cela, ils doivent défendre le sol français et faire le service militaire.

L’aboutissement de cette demande passe par l’application en Martinique, en 1913, des lois sur la conscription de 1889 et 1905. L’obligation militaire des contingents coloniaux entre alors dans les faits, malgré des réticences de l’état-major à intégrer les recrues antillaises.