2 - La citoyenneté aux Antilles : un long processus

Révolution française, révolution atlantique

Outre-atlantique, les idées des Lumières et la Révolution française ont un écho immense : émancipation de la tutelle coloniale des colonies d’Amérique du Nord et du Sud, et surtout mise en question de l’esclavage.
Ces révolutions atlantiques questionnent la définition de la citoyenneté et lui donnent une valeur universelle effective.
Dans les colonies françaises fondées sur la servitude, la devise de « liberté, égalité, fraternité » a un potentiel subversif inédit.
Sous la pression des révoltes d’esclaves, et particulièrement l’insurrection de Saint-Domingue, et de la guerre menée contre les Anglais dans les colonies d’Amérique, la Convention accorde la liberté aux esclaves (1794). Contre la tentative de rétablissement de l’esclavage en 1802, Saint-Domingue s’affranchit de la France, et offre à ses habitants une citoyenneté d’un genre nouveau dans la constitution haïtienne de 1805.
En Martinique, l’esclavage est maintenu, sans anéantir les aspirations à la liberté et à l’égalité : les gens de couleur libres obtiennent l’égalité des droits civils en 1832 et luttent pour exercer les droits politiques.

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Lettre anonyme des esclaves de Martinique, signée « nous nègres », dans laquelle ils réclament l’émancipation immédiate des esclaves, 28 août 1789. Reproduction - ARCHIVES NATIONALES D’OUTRE-MER, C8A89