Acteur du développement de l’école publique à la Martinique.

Lettre autographe du Maire de Fort-de-France Aimé Césaire, adressée au préfet pour demander une subvention pour la construction de l’école de Ravine-vilaine à Fort-de-France, 31 décembre 1959.

 

Archives départementales de la Martinique, 1091w37.

 

Reproduction soumise à autorisation.

 

Présentation du document

Cette archive conservée dans le fonds du Cabinet du Préfet constitue une trace de l’implication d’Aimé Césaire en faveur de l’accompagnement et de l’instruction de la jeunesse martiniquaise. Cette lettre est adressée au Préfet Jean Parsi nommé à la fin du mois de décembre 1959 à la Martinique. Dans le même dossier, sont conservés d’autres courriers qui témoignent de l’intérêt d’Aimé Césaire pour l’amélioration des conditions de vie des martiniquais. Parmi les thèmes qu’il aborde, celui du poids des impôts ou de la lutte contre le chômage. 

 

Commentaire historique

Créé en 1958 par Aimé Césaire, le Parti progressiste martiniquais milite en faveur du développement des équipements scolaires. Le contexte déjà tendu de l’époque lié à la pauvreté d’une grande partie de la population, est exacerbé par les émeutes de décembre 1959 qui amènent le débat sur la situation et les besoins de la jeunesse martiniquaise.

Les rapports de police mentionnent que trois cents jeunes ont participé à l’affrontement des forces de l’ordre. Certains jeunes seront emprisonnés.

Dans les rapports qui suivent les incidents de décembre 1959, une importante crise touchant la jeunesse martiniquaise est décrite : chômage, absence de débouchés, pas suffisamment  de centre d’apprentissage et de formation professionnelle, d’écoles et de lycées.

A partir de 1960, on observe une nette progression de création d’école à la Martinique. En 1964, la Martinique compte  27 écoles, en 1969, 33 et en 1975 elle compte 55 écoles.

 

Intérêt historique

Cette lettre écrite de la main d’Aimé Césaire le 31 décembre 1959, le jour du réveillon de la Saint-Sylvestre, est réalisée dans un contexte particulièrement agité. En effet, elle est rédigée quelques jours après les émeutes à Fort-de-France des 20, 21 et 22 décembre 1959 qui ont causé la mort de trois jeunes martiniquais et l’expulsion du Vice-recteur d’Académie Alain Plénel.

Ce document permet également de saisir une des causes du lent développement de construction d’école à la Martinique.

 

Sources complémentaires

Pour en savoir plus sur les actions d’Aimé Césaire en faveur de la population martiniquaise, le fonds du Cabinet du préfet contient la trace des nombreux échanges d’Aimé Césaire avec les préfets.  Le fonds de l’Instruction publique permettra d’aborder plus précisément la question du développement des écoles à la Martinique.