9 - Les lieux de la cuisine créole : la cuisine

La cuisine, un espace fonctionnel

Dès le XVIIe siècle, dans les maisons d’habitation et plus tard, dès la seconde moitié du XIXe, dans les maisons bourgeoises, la cuisine, espace séparé de la maison principale pour éloigner la fumée, le bruit ou l’odeur, pour éviter la chaleur ou les risques d’incendies, est purement utilitaire. Peu meublée, elle est équipée essentiellement d’objets utiles à la préparation des repas : ustensiles et récipients culinaires, parfois un potager ou une table. On y trouve des poêles à frire, grils, chaudières, marmites, grages (râpes), passoires, bassines et mortiers, essentiellement des poteries en terre cuite, des jarres importées, des casseroles et surtout des canaris appelés aussi « koko nèg » (marmite ou pot à cuire en terre) le plus souvent importés de Provence. Elle n’est qu’un espace de travail, celui du cuisinier ou des personnes en charge de préparer la nourriture.

Dans les milieux populaires, la case traditionnelle se compose d’une seule pièce à vivre dans laquelle on dort, on prépare et on consomme les repas. La cuisson des aliments peut se faire à l’extérieur, sur un simple réchaud à charbon en terre cuite ou à pétrole sur lequel on pose un canari, ou plus tard, sur un tesson élaboré à partir de matériaux de récupération, boîtes de conserves, ferraille et ciment.

A partir de la seconde moitié du XXe siècle, avec la création des premiers logements collectifs, principalement en périphérie urbaine, et le souci pour les autorités d’améliorer les conditions de vie et d’hygiène de la population, la cuisine, espace « moderne » alors équipée d’appareils électroménagers, intègre la maison. Elle devient aussi un lieu où s’exerce la vie sociale, on y reçoit le voisinage, les amis, la famille.