Le retour au pays natal.

Tapuscrit du Cahier d’un retour au pays natal, 1939.

Bibliothèque de l’Assemblée nationale, Ms1825bis.

Tous droits réservés.

Contexte
Sur les conseils de Pierre Petitbon, l’un de ses professeurs à l'Ecole nationale supérieure, Aimé Césaire soumet le Cahier d'un retour au pays natal à Georges Pelorson, directeur de la revue Volontés, vraisemblablement au début de l'année 1939. Séduit par le texte, Pelorson accepte de le publier dans son intégralité et demande à Césaire de retravailler quelques passages, essentiellement vers la fin. C'est cette version corrigée de la main de Césaire qui est présentée ici. Le texte du Cahier d'un retour au pays natal est ainsi publié pour la première fois dans le numéro 20 de la revue Volontés, en août 1939.

Commentaire historique
Commencée au cours d'un séjour en Dalmatie chez son ami croate Petar Guberina pendant l'été 1935, la rédaction du Cahier d'un retour au pays natal s'achève quatre ans plus tard, en 1939. Ce long poème en prose et en vers construit à contre-courant des règles de la poésie classique, influencé par le surréalisme, est en grande partie l'expression d'une révolte, celle nourrie du choc ressenti par l'étudiant de retour au pays natal pour les vacances après cinq années d’absence (entre juillet et septembre 1936).
Œuvre majeure de la littérature négro-africaine, le Cahier d’un retour au pays natal est l’un des textes fondateurs du courant de la négritude.

Intérêt historique
Document exceptionnel, le tapuscrit du Cahier que l’on croyait disparu, a été acquis par l'Assemblée nationale en 1992 auprès d'un libraire. Il a fait l'objet d'une réédition en fac-similé publiée en 2008 à l'occasion de la disparition du poète.
Véritable genèse de l’œuvre, on y retrouve bon nombre de passages retranchés et inédits, des ajouts manuscrits significatifs, des modifications qui vont se poursuivre jusque dans les éditions successives, chez Bordas en 1947 puis chez Présence africaine en 1956 considérée comme l’édition de référence. Ce travail de reprise de textes, caractéristique fondamentale du processus créatif chez Césaire, s’applique à l’ensemble de son œuvre.