Fragments biographiques.

Demande d’autorisation de passer l’examen pour l’obtention du permis de conduire adressée par Aimé Césaire au chef du Service des Travaux publics : correspondance, bulletin d’identité, photographie, 1940.

 

Archives départementales de la Martinique,  7 S 7109.

 

Reproduction soumise à autorisation.

 

Contexte

Revenu à la Martinique en août 1939, Aimé Césaire enseigne les Lettres dès le mois d’octobre au Lycée Schoelcher. Il est marié à Suzanne Jeanne Aimée Roussi, épousée en 1937 à Paris et père d’un premier enfant, Jacques, né le 9 mai 1938. L’île est alors sous la férule de l’amiral Georges Robert, haut-commissaire de la France aux Antilles et en Guyane, qui y exerce un régime dictatorial ouvertement raciste.

 

Commentaire historique

Dans l’entre-deux-guerres, la Martinique entre dans l’ère de l’automobile. Voitures, camions, autobus commencent à s’inscrire dans le quotidien de la population. A chaque voyage entre la métropole et la Martinique, les cargos déversent sur le port une trentaine de véhicules : Renault, Buick, Pontiac, Chevrolet … Les pages des journaux se remplissent de publicités, de récits d’accidents : voiture tombée dans un ravin, poteau téléphonique percuté par un camion, autobus entré en collision avec une locomotive … ou d’exploits, tel celui de ces trois chauffeurs mécaniciens : Paul Marrion, Joseph Paul Allaguy et Maurice Guitteau ayant réussi en neuf heures à mener leur automobile de Saint-Pierre au Prêcheur à travers la zone volcanique. La durée des trajets est variable, mais il faut compter en moyenne 3h pour une excursion Fort-de-France/Morne-Rouge/Fort-de-France, 7h pour un aller-retour Fort-de-France/Basse-Pointe ou encore 9h pour un trajet Fort-de-France/François/Fort-de-France.

 

Intérêt historique

Au-delà du caractère anecdotique, ces documents ont pour principal intérêt de nous suggérer les préoccupations d’un jeune père de 27 ans soucieux du bien-être de sa famille. Ils l’inscrivent dans un quotidien peu connu qui souvent nous échappe et disent la normalité d’un homme dont la vie ne l’est déjà plus du fait de ses engagements intellectuels et politiques.